Quand l’artisanat se met au service de la foi : le vitrail

Moyen Âge central, Patrimoine religieux

« … Selon la tradition, un navire portant des marchands de nitre vint y aborder, et, comme les marchands dispersés sur le rivage, préparaient leur repas et ne trouvaient pas de pierres pour rehausser leurs marmites, ils les remplacèrent par des mottes de nitre [natron] tirées de leur cargaison. Quand celles-ci furent embrasées, mêlées avec le sable du rivage, des ruisseaux translucides d’un liquide inconnu se mirent а couler et telle fut l’origine du verrePline l’Ancien, Histoire naturelle, XXXVI, 65

Rosace cathédrale de Chartres

Origines et étapes de confection

Comme en témoigne cette citation issue de l’Histoire naturelle du philosophe Pline l’Ancien, les hommes auraient découvert le verre à l’occasion d’un incendie survenant sur une plage. En effet le contact du feu avec le sable, et la fusion de ces deux éléments, aurait été à l’origine de ce « liquide inconnu » dont parle le romain dans son ouvrage. Durant l’Antiquité les techniques de verrerie vont se développer et donner petit à petit naissance à une grande diversité de productions, allant des premières perles à des vases à la réalisation plus complexe. Plus tard les Romains pareront notamment leurs bâtiments (thermes par exemple) de vitres , bien que ces dernières restent toujours incolores. En effet, il faudra attendre l’époque mérovingienne pour que celles-ci se parent de couleurs.

Mais quid des vitraux tels que nous les connaissons de nos jours ? Ceux-ci, ornant les Églises et Cathédrales, n’ont été réalisés que bien plus tard, à l’époque médiévale, or force est de constater que nous devons une fière chandelle à nos voisins les romains à qui l’ont doit la transmission de ce savoir faire si particulier.

Et comment ces petits bijoux sont-ils confectionnés? Bonne question! En réalité leur construction se fait en plusieurs étapes et nécessite trois acteurs : 1. Le premier n’est autre que le peintre qui dessine un croquis faisant office de maquette, permettant ainsi de se faire une idée de la forme, de la disposition ainsi que de la couleur des morceaux de verre. 2. Une fois le travail de celui-ci terminé c’est au tour du maître verrier de prendre le relais! L’artisan s’occupe alors de la mise en forme du verre ainsi que de sa découpe, suivant avec justesse les indications du peintre. 3. Enfin c’est un à autre peintre, mais celui-ci spécialisé dans la verrerie, d’ajouter sur le verre les détails à la grisaille tels que des visages, motifs ou encore feuillages. Dès lors que ces trois acteurs ont accomplisleur tâche il ne reste plus qu’à assembler les morceaux de verre au sein d’un réseau de plomb puis fixer le panneau dans la fenêtre.

La nature pédagogique des vitraux 

 Force est de constater que seuls les nobles issus de l’aristocratie ainsi que certains bourgeois recevaient l’éducation nécessaire pour être capable de lire et écrire.  Ainsi, la majorité des fidèles, issus pour leur part du peuple, étaient analphabètes et se trouvaient donc dans l’incapacité de lire la Bible et d’en tirer ses enseignements. Pour pallier ce problème les vitraux servaient de formidables supports d’images leur permettant à la fois d’apprendre et connaître les récits bibliques ainsi que les histoires des saints. Pour faire court nous pouvons considérer les vitraux comme les ancêtres de la Bande-Dessinée (oui c’est un très gros résumé). 

La symbolique inhérente aux vitraux

Outre la visée utilitaire, et donc première, des vitraux il serait aussi avisé de considérer leur aspect symbolique, car oui le fait d’apporter la lumière n’est pas anodin, surtout dans l’imaginaire religieux. En effet il n’est pas rare de trouver dans les Écritures une corrélation entre la lumière et la manifestation physique de Dieu sur Terre, le divin et cette dernière étant intimement liés.  Les vitraux, comparables à des bijoux aux couleurs flamboyantes, ne font ainsi que renforcer la sacralité et préciosité du lieu. Véritable invitation à la spiritualité ces derniers rappellent aux fidèles la grandeur du monde céleste et la beauté inhérente à ce dernier. 

Reflets des vitraux de la cathédrale de Prague

Par Oïana Caretti pour Héritages

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