Presse et révolution

Il est courant de parler de la presse comme du « quatrième pouvoir », après le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire tant son impact a pu et peut être encore important sur l’histoire de France. En 1830, Charles X, en prenant les ordonnances du 25 juillet, entrave la liberté de la presse et remet en place la censure. Les journalistes, les premiers à être au courant, précipitent ce qui devient une révolte, les Trois Glorieuses.

La première Ordonnance

La Première Ordonnance prise par Charles X le 25 juillet 1830 est celle qui ré-instaure la censure en France, comme si 1789 n’avait pas eu lieu et que la liberté de la presse n’était pas acquise. Le lendemain de la publication de ces ordonnances, Adolphe Thiers et 44 autres journalistes s’unissent autour de la rédaction d’une lettre de protestation à l’attention du roi qui s’intitule « Protestation de la presse périodique ». En plus de cette lettre, les journalistes continuent d’écrire, de faire imprimer leurs journaux, de se révolter face à la censure en place. Les journaux qui font de la résistance sont Le Globe, le National, le Temps et le Journal du Commerce. En réponse à ces actes de rébellion, le Préfet de Paris, Claude Mangin, décerne des mandats d’arrêt contre les journalistes révolutionnaires et ordonne la destruction systématique des journaux. En même temps, les ouvriers de la presse et les étudiants descendent dans la rue et c’est alors que Place Vendôme, policiers et plumes s’affrontent.

« Le régime légal est […] interrompu, celui de la force est commencé. Dans la situation où nous sommes placés, l’obéissance cesse d’être un devoir. […] Aujourd’hui donc, des ministres criminels ont violé la légalité. Nous sommes dispensés d’obéir. Nous essaierons de publier nos feuilles sans demander l’autorisation qui nous est imposée. »

Protestation de la presse périodique
La Liberté guidant le peuple, Eugène Delacroix

Une liberté fondamentale

La liberté de la presse est, en 1830, une liberté fondamentale et c’est pour cette raison qu’elle est intouchable et qu’y avoir porté atteinte a déchainé tant de violence. Depuis la publication de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen le 24 aout 1789, l’article 14 dispose que  « la libre communication des pensées et la liberté d’imprimer ses opinions ».

Grace aux changements survenus après 1789 et à l’instauration de la liberté d’expression, de la presse et d’opinion, les journaux se multiplient : de 200 journaux périodiques avant la Révolution, l’on passe à plus d’un millier un siècle plus tard. L’effervescence gagne la presse, les journalistes se multiplient, la France s’exprime.

Lecture des Ordonnances dans le Moniteur, au jardin du Palais Royal. BNF

La presse, en tant que relai entre l’Etat et le peuple, était la seule à pouvoir mettre le feu aux poudres comme elle l’a fait le 26 juillet 1830 afin de mettre la puce à l’oreille des français par rapport au rétablissement de la censure et en s’opposant au roi. L’on peut dire que la presse a initié les Trois Glorieuses en ce qu’elle a adressé une réponse directe, franche et publique au roi en avertissant le peuple de ce recul sur les droits et libertés acquis seulement quelques années auparavant.

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