Le génie de De Vinci

« Souvent la Providence répand naturellement sur les hommes de très grands bienfaits. Parfois, aussi, et sans mesure, elle rassemble tellement en un seul, beauté, grâce, vertu, que chaque action de celui-ci paroît émaner de la Divinité ; qu’enfin, surpassant tous les autres, on ne peut s’empêcher de reconnoître en lui, plutôt les libéralités du ciel que l’intelligence ordinaire à l’homme. C’est ce que tout le monde reconnut en Léonard de Vinci, dont on ne louera jamais assez la beauté du corps, et dont toutes les actions étoient accompagnées d’une grâce infinie ».

Voilà les termes dithyrambiques par lesquels le grand Vasari débute la biographie de Léonard dans ses Vies des peintres, sculpteurs et architectes les plus célèbres, en 1550. Certes, aujourd’hui, tout le monde reconnaît à l’unanimité Léonard comme un génie. Après tout, c’est lui qui a peint le tableau le plus connu du monde, aujourd’hui exposé au Louvre : la Joconde. Mais, au-delà de ce tableau renommé, connaissez-vous réellement l’ampleur de ce génie ? S’il est impossible de réaliser un article exhaustif sur le sujet tant il est inépuisable, il s’agira ici de développer des éléments dont vous n’avez peut-être jamais entendu parlé… Saviez-vous par exemple que Léonard était un musicien virtuose ? Ou encore qu’il a découvert le rôle du cœur dans le système sanguin, comme précurseur de la médecine ? Décidément, la nature n’avait aucun secret pour lui !

1. Léonard, sa vie son oeuvre…

Tout le monde connaît Léonard résidant au Clos-Lucé sous la protection de François Ier… Une bien belle image d’Epinal ! Mais savez-vous que cette période n’a duré en réalité que trois ans de sa vie ? Avant cela, Léonard a eu le temps de parcourir l’Italie de long en large et d’être désiré dans toutes les cours ducales ! Léonard a eu une jeunesse avant d’être le vieil homme barbu que nous reconnaissons dans les portraits. Où est-il né ? À Anchiano, près de Vinci, un beau jour d’avril 1452. Il est le fils illégitime d’un jeune notable, Piero da Vinci, et d’une paysanne nommée Caterina. Le questionnement sur l’identité et le rôle de la mère va influencer son art toute sa vie, si l’on en croit les théories psychanalytiques que fait Freud de la Sainte Anne. Le jeune Léonard passe sa jeunesse à battre la campagne toscane en toute liberté, tout en observant la nature et ses merveilles, et c’est de ce moment que naît en lui une curiosité insatiable. 

Quelques années plus tard, il suit son père à Florence, et le jeune garçon, alors âgé de dix ans, découvre un contexte urbain en plein essor, une ville dominée par les bourgeois et par la cathédrale en construction. En 1464, il entre dans l’atelier d’un des plus grands sculpteurs et peintres florentins, Andrea del Verrochio, où il côtoie de jeunes artistes à l’avenir prometteur comme Botticelli ou le Pérugin. Vasari nous rapporte une anecdote à propos de cette prime jeunesse, où déjà le génie de Léonard, alors seulement apprenti, impressionne ses contemporains : Verrochio charge le jeune homme de réaliser, dans la toile du Baptême du Christ, l’ange de profil ainsi que le paysage à gauche. Mais le visage de l’ange est si beau, avec cette douceur qui sera plus tard propre à la peinture de Léonard, que, nous dit Vasari, « par la suite, Andrea ne voulut plus jamais toucher aux couleurs, de dépit qu’un enfant pût en savoir plus que lui ». Au cours de l’année 1472, Léonard est inscrit à la guilde des peintres de Florence, ce qui lui donne désormais le droit d’exercer de façon autonome son activité artistique.

Le baptême du Christ, Verrochio

En 1482, alors qu’il est âgé d’une trentaine d’années, Léonard quitte la Florence de Laurent le Magnifique pour rejoindre Milan et la cour de Ludovico Sforza. C’est dans ce contexte milanais que Léonard réalise de nombreuses toiles fameuses : la Vierge aux rochers, la Dame à l’Hermine ou encore la Belle Ferronnière du Louvre, ces deux dernières étant les portraits des irrésistibles maîtresses du duc Ludovico. C’est là également qu’il réalise la Cène, pour le couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie, encore une fois sur une commande du duc.

La dame à l’hermine et la belle ferronnière

En 1499, catastrophe : les soldats de Louis XII pénètrent dans Milan, le duc et sa cour doivent quitter la ville. Léonard part alors à Mantoue, où il est recueilli encore une fois dans l’une des plus grandes cours d’Italie, celle d’Isabelle d’Este. Ce séjour à Mantoue est relativement court puisque deux ans plus tard, l’artiste retourne dans la Florence de sa jeunesse, qui est désormais plongée dans un climat d’instabilité politique, puisque les Médicis ont été chassés et qu’une jeune République tente de s’installer. L’année 1503 est emblématique pour Léonard car il réalise trois grands chefs-d’œuvre : la Sainte Anne, la Joconde (qui est sûrement la commande d’un riche marchand florentin désirant un portait de sa femme, Lisa Gherardini), et la Bataille d’Anghiari. Puis Léonard est appelé à Rome, à la cour du Pape Léon X, tandis qu’il est très convoité par la cour de France. Peu attiré par l’atmosphère froide de la communauté romaine et concurrencé par les deux autres grands génies de la Renaissance Michel-Ange et Raphaël, Léonard s’enferme dans ses recherches anatomiques et scientifiques. 

Après la mort brutale de son ami Julien de Médicis en 1516, Léonard n’a plus de raison de rester à Rome : devant l’offre que lui fait François Ier d’avoir une vieillesse digne dans le manoir du Clos-Lucé et de pouvoir œuvrer et penser en toute liberté, ce dont Léonard a toujours rêvé, il se décide enfin à rejoindre la cour de France. Et voilà Léonard, âgé de plus de soixante ans, qui se lance dans un long périple et traverse les Alpes à dos d’âne pour parvenir jusqu’à Amboise. Il emporte avec lui ses tableaux les plus chers, dont il ne voudra jamais se séparer : la Sainte Anne, la Joconde et le Saint Jean-Baptiste. A la fin de sa vie, atteint d’une paralysie à la main droite, le vieil homme ne peut plus peindre, mais il imagine et conçoit beaucoup à travers ses dessins. Il s’éteint le 2 mai 1519 : la légende veut qu’il ait rendu ses derniers soupirs dans les bras d’un François Ier éploré, à Amboise, mais ceci n’est qu’une réinterprétation donnée par le tableau d’Ingres au XIXème siècle. Pourtant, si François Ier était à St-Germain-en-Laye lors de la mort de Léonard, nul doute qu’il l’a beaucoup pleuré, lui qui l’admirait tant et qui le considérait comme « le plus grand philosophe qui n’ait jamais existé ».

2. Léonard savant

« Il n’y a jamais eu un autre homme né au monde qui en savait autant que Léonard » si l’on en croit François Ier. Et pour cause : il étudie la botanique, la philosophie, les mécanismes, l’anatomie… Un vrai touche-à-tout ! Sa curiosité insatiable l’amène à tout observer et à noter ses découvertes dans des manuscrits, qui forment aujourd’hui un codex de près de 13 000 pages ! Ces manuscrits illustrent sa quête de savoir incessante, même si la plupart des projets restent à l’état de papier.

Le saviez-vous ? Les carnets de Léonard sont rédigés avec une « écriture en miroir », ce qui leur donne à première vue un caractère énigmatique, mystérieux, comme s’il s’agissait de formules magiques… En fait, cette écriture est tout simplement caractéristique du gaucher qu’il est, écrivant à l’envers afin de gagner du temps lorsqu’il prend ses notes. Malinx le lynx !

Un des carnets de Léonard de Vinci

Depuis sa plus tendre enfance, Léonard est un curieux qui s’intéresse à tout, et surtout à la nature. Il éprouve un grand intérêt notamment pour la botanique : il reporte ses observations dans ses carnets, où l’on trouve des centaines de planches dessinées représentant des fleurs et des plantes. Il est d’ailleurs le premier à deviner le rôle du Soleil dans la croissance des plantes. Léonard n’observe pas seulement la nature végétale mais également la nature humaine. Ses dessins d’anatomie détaillant l’intérieur du corps humain sont d’une précision étonnante ! Les pratiques de dissection étaient très rares à l’époque, et réalisées en catimini puisque condamnées par l’Eglise, et pourtant Léonard a l’occasion d’assister à plusieurs dissections, qui lui permettent de faire de nombreuses découvertes sur l’organisation du corps humain : il a par exemple l’intuition que c’est le cœur qui joue un rôle central dans le système sanguin, et non le foie ! Il ne faut jamais perdre de vue que, pour Léonard, science et art sont inextricablement mêlés, et s’il s’intéresse à l’anatomie c’est que celle-ci sert sa recherche de perfection en peinture. Il veut peindre des personnages dont les corps soient les plus réalistes possibles, les plus proches de la nature. Géométrie et arithmétique ont une place prépondérante dans le système de Léonard, et le corps humain n’échappe pas à la règle : celui-ci répond à une organisation géométrique précise, à travers un système de proportions extrêmement rigoureux. Cette recherche de géométrie dans le corps humain l’amène à réaliser l’Homme de Vitruve dans les années 1490, cet homme idéal décrit au Ier siècle av JC par Vitruve qui évoque dans son traité un dessin représentant les proportions quasi divines du corps humain, inscrites dans un cercle et un carré. Toute cette quête de savoir scientifique chez Léonard tend en réalité à la perfection picturale qu’il recherche sans cesse dans ses tableaux, et c’est pourquoi ses dessins sont si important ; ils tiennent le premier rôle dans cette recherche incessante de perfection !

L’homme de Vitruve

Dans son intarissable curiosité, Léonard s’intéresse à la musique, dont il est un grand virtuose ! Il joue de la lyre à merveille, il brille en improvisation, mais surtout il s’intéresse aux phénomènes acoustiques, comme s’il cherchait à théoriser une perspective sonore semblable à la perspective picturale. Un peintre du son, en quelque sorte ! Il est d’ailleurs parfois représenté dans son atelier, entouré de musiciens tandis qu’il peint, comme si la musique lui transmettait une impulsion créative.

3. Léonard ingénieur

A son époque, Léonard est peu connu pour sa peinture, mais très connu pour son ingénierie. Sa célébrité lui vient avant tout de son talent en tant qu’organisateur de fêtes… Eh oui, Léonard est un véritable party planner ! Toutes les cours d’Italie se l’arrachent pour avoir des fêtes plus fastueuses les unes que les autres, notamment parce qu’il met en scène des spectacles aux décors somptueux destinés à éblouir les invités et à renforcer le prestige de ses hôtes. Il réalise pour l’occasion des automates, qui ont su charmer le monarque français : on a retrouvé un lion cracheur de fleurs, qui aurait été conçu pour marcher jusqu’à François Ier et laisser tomber à ses pieds des fleurs de lys. N’hésitez pas à jeter un œil dans le Codex Atlanticus de Léonard si vous cherchez une animation originale pour votre prochaine soirée ! 

Il est également un remarquable ingénieur militaire. Il conçoit quantité d’engins de guerre pour le duc de Milan : un char blindé en forme de tortue, une « catapulte à ressorts destinée à lancer des pierres pour ouvrir des brèches », et même un scaphandre de plongée pour les attaques sous-marines ! De fait, ces inventions sont surtout destinées à impressionner le duc, et resteront pour la plupart à l’état de papier. Mais Léonard n’en est pas moins un véritable visionnaire en matière d’armes militaires ! Visionnaire également en tant que pionnier de l’aviation… Léonard depuis tout petit observe le vol des oiseaux, et cela lui donne le rêve de voler. Par son étude très poussée des mécanismes, notamment l’étude du mouvement des objets, des forces de frottements et ou encore de résistance des matériaux, et grâce à l’observation du vol des oiseaux et plus particulièrement des oies sauvages, il imagine de nombreuses machines volantes. Léonard a pu inventé un prototype d’aile qui permettrait à l’homme de s’envoler comme un oiseau, et ses travaux sur la « vis sans fin » ont permis de démontrer que l’on peut s’appuyer sur l’air pour pouvoir voler. Tous ces dessins ont donné lieu beaucoup plus tard à des maquettes, que l’on peut voir par exemple au Clos-Lucé. Notre Léonard était un merveilleux fou volant avant l’heure !

Croquis de Léonard de Vinci

4. Léonard architecte

Parmi ses nombreuses casquettes, Léonard possède celle d’architecte. Elève de Bramante, Léonard est passionné par la géométrie, et son architecture est dictée par l’obsession des formes géométriques parfaites. En 1490 s’achève la construction du Dôme de Milan dont il était chargé d’étude : les dessins de Léonard montrent un plan centré, constitué de formes simples comme le carré, la croix et le cercle. Il en va de même pour Chambord, dont il conçoit le plan à la demande de François Ier lors de son arrivée en France (sur Chambord, voir l’article Héritages qui lui est consacré, ou l’article « François Ier à travers ses châteaux »). Toute son architecture se fonde sur l’imitation de phénomènes naturels et sur ses observations scientifiques : par exemple, l’escalier à double révolution de Chambord suit un modèle architectural fondé sur l’étude de la circulation du sang dans l’organisme. Les différents domaines de recherche de Léonard, sciences et arts, sont décidément indissociables dans tout son œuvre !

Château de Chambord

L’architecte Léonard s’intéresse passionnément à l’urbanisme, en imaginant des projets de cités idéales. Connaissez-vous Romorantin ? Il s’agit d’une ville au cœur de la Sologne, qui compte moins de 20 000 habitants. Eh bien, c’est cette ville aujourd’hui bien modeste que François Ier avait projeté d’ériger en capitale du royaume de France ! Il confie à son ami Léonard la mission de concevoir une cité idéale immense, avec un château gigantesque dont la superficie devait faire le double de Chambord ! Malheureusement, la mort de Léonard en 1519 met fin à ce projet grandiose : cette capitale rêvée ne verra jamais le jour et Romorantin ne connaitra jamais le flot touristique de Paris.

5. Léonard maître de la peinture

Enfin nous abordons le point central de l’activité de Léonard : la peinture… Et pourtant, on ne connaît à ce grand peintre, peut-être considéré comme le plus grand maître de la Renaissance, que vingt toiles authentifiées tout au plus ! Toutes des chefs-d’œuvre, néanmoins. Il s’agira ici non de les étudier une à une, puisqu’il est simple de trouver moult informations sur le net à ce sujet, mais d’évoquer ce qui en fait une peinture si particulière, à part, révolutionnaire… Vasari, dans les Vies, évoque la peinture de Léonard comme une césure fondamentale qui donne lieu à ce que l’on appellera plus tard « l’art moderne ». Le biographe explique cette modernité par l’articulation de deux catégories : la liberté du geste, à savoir la « licence dans la règle » puisque Léonard se détache d’une peinture conventionnelle, et l’imitation de la vie transcrite jusque dans le mouvement. Selon Vasari, ces notions trouvent leur point d’aboutissement dans la Joconde, tableau dont « l’exécution est à faire trembler de crainte le plus vigoureux des artistes, quel qu’il soit ».

Le secret de la peinture réside chez Léonard dans la technique du sfumato, cet effet vaporeux qui fait la signature du maître. Il s’agit en réalité de la superposition d’une multitude de glacis (couche de peinture) à l’huile, d’une extrême finesse. Plutôt que de souligner les contours des figures pour mieux les détacher du fond, pratique très courante chez les peintres de la Renaissance, Léonard au contraire estompe ces contours pour fondre les personnages dans le paysage, et leur donner cet aspect insaisissable et mystérieux. Il en résulte une immense douceur dans le modelé des chairs et des visages, accompagnée souvent d’un léger sourire devenu légendaire…

Vous remarquerez que nous n’avons pas évoqué le Léonard sculpteur, alors que pourtant il fut dans l’atelier de Verrochio, qui était sculpteur avant d’être peintre, et qu’il a réalisé lui-même des sculptures, comme une monumentale statue équestre en bronze du duc Ludovico Sforza. Il convient d’aborder la question du paragone, qui signifie la comparaison entre les arts et qui est l’un des débats esthétiques majeurs au cours de la Renaissance. Dans son Traité de la peinture, cette question du paragone tient une place importante : Léonard défend la supériorité de la peinture, au-dessus de tout autre art. En fait, cette problématique de la prééminence entre les arts n’est pas anodine puisque, dans un siècle où les artistes revendiquent progressivement leur statut autonome, elle joue un rôle fondamental dans leur élévation sociale. Si l’on démontre que la peinture et la sculpture (arts dits « mécaniques ») sont des disciplines aussi nobles que l’arithmétique et la philosophie (arts dits « libéraux »), alors le peintre et le sculpteur ne seront plus considérés comme des artisans, au bas de l’échelle sociale, mais comme des artistes à part entière, capables d’exercer une pensée intellectuelle, qui est la plus haute et la plus digne activité offerte à l’esprit humain. C’est pourquoi Léonard définit la peinture comme « cosa mentale », c’est-à-dire chose mentale, pour signifier que la peinture n’est pas qu’une reproduction mécanique de la nature mais qu’elle fait appel à l’intellect, en requérant des règles de géométrie et des démonstrations mathématiques, dans la maîtrise des proportions notamment. C’est pourquoi le dessin tient une place tellement importante dans la pensée de Léonard : en italien, disegno signifie dessin mais aussi dessein, c’est-à-dire l’idée, car c’est par le tracé de la ligne que le savant donne une réalité concrète à une idée abstraite. Cette intellectualisation de l’expérience passe avant tout par la primauté de la perspective « la perspective doit être mise au premier rang de toutes les sciences et disciplines humaines, car elle couronne tant les mathématiques que les sciences naturelles ». Si la perspective linéaire avec le point de fuite est déjà bien connue à l’époque de Léonard, puisqu’elle est inventée en 1415 par Brunelleschi, le peintre de Vinci théorise la perspective dite « aérienne » ou « atmosphérique » : pour donner l’illusion de profondeur, le peintre peint les éléments lointains de plus en plus rapetissés et avec un dégradé chromatique qui tend vers le bleu. Il n’y a qu’à voir les paysages dans ses tableaux, où la ligne d’horizon est complètement bleue, presque comme le ciel. Ainsi, la peinture, par son rapport intrinsèque à la nature intellectualisée, est au-dessus de toute science car elle est universellement intelligible. « Le peintre doit tendre à l’universalité », jusqu’au point que « le caractère divin que possède la science de la peinture fait que l’esprit du peintre se transmute en un simulacre de l’esprit de Dieu » selon Léonard. 

Enfin, pourquoi la peinture plutôt que la sculpture ? Léonard départage ces deux arts du visible sans hésitation : pour lui, la peinture est un art plus cérébral et moins mécanique que la sculpture, et surtout elle permet de saisir l’entièreté des phénomènes naturels dans toute leur subtilité, ce qui lui donne ce caractère universel hors de portée du sculpteur. La peinture est au-dessus de toute science et de tout art, car elle fait approcher la puissance créatrice illimitée de Dieu. Si la peinture est pour Léonard indétrônable, ce n’est surtout pas l’avis d’un autre artiste comme Michel-Ange, pour qui la sculpture lui est supérieure… Long débat qui a beaucoup agité les artistes même longtemps après la Renaissance !

En somme, il semble bel et bien que ce curieux de Léonard a excellé dans tous les domaines, mais que tous ces centres d’intérêt convergeaient vers un point précis et supérieur à toute autre chose : la peinture. Le fait est que l’on n’aura jamais fait complètement le tour de ce génie, car même plus de 500 ans après sa mort – nous avons fêté son anniversaire l’an dernier, notamment à travers une grandiose exposition tenue au Louvre – nous découvrons encore des secrets inexplorés sur ce savant à longue barbe. En 2005 est redécouvert dans un grenier un tableau attribué au grand Léonard de Vinci, le Salvator Mundi, qui a été vendu il y a trois ans pour la somme astronomique de 400 millions de dollars ! Encore aujourd’hui, Léonard bat tous les records !

Pour aller plus loin :

Par Isaure de Montbron pour Héritages

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