Jeanne d’Arc, de simple paysanne à héroïne

Jeanne d’Arc naît le 6 janvier 1412 à Domrémy en Lorraine issue d’une famille de paysans du nom de « Darc ». Elle passe une enfance paisible dans son village. 
Sa vie bascule à l’âge de 12 ou 13 ans lorsqu’elle a une apparition de l’archange Saint-Michel accompagné de Sainte Marguerite et de Sainte Catherine qui lui ordonnent d’aller faire couronner le dauphin, le futur Charles VII à Reims et de combattre les anglais qui règnent en maître sur le royaume de France. 
Elle sort véritablement de l’anonymat à 17 ans et son destin s’accomplit en deux ans, de février 1429 à mai 1431. Jeanne d’Arc joue un rôle majeur dans la Guerre de cent ans : conflit opposant depuis 1337 la France et l’Angleterre dont celle-ci revendique le droit à la couronne française. 

Statue de Jeanne d’Arc (1879/80) par Étienne Leroux, érigée à Compiègne, face à l’Hôtel de Ville. Réalisée à Paris, dans l’atelier Leroux, 99 rue de Vaugirard et coulée d’un seul jet, sauf pour les bras, chez les fondeurs Thiébault frères. (image libre de droit)

En 1422 les Rois de France et d’Angleterre meurent. Charles VI, ayant déshérité Charles VII en signant en mai 1420 le « Traité de Troyes », fait du fils du roi d’Angleterre, Henri VI l’héritier légitime au trône de France. Cependant, celui-ci n’est encore qu’enfant à la mort de son père, ce sont donc ses oncles qui assurent la régence jusqu’à sa majorité. 
Charles VII règne uniquement sur le centre et le sud de la France (Pays d’oc) et ne bénéficie d’aucun soutien financier et politique majeur mis à part celui de sa protectrice Yolande d’Aragon et des Armagnacs. Dans son impuissance à récupérer son trône il est même surnommé par railleries « le petit roi des Bourges ». 

C’est face à la détresse de Charles VII qui voit son royaume lui échapper que Jeanne d’Arc décide d’intervenir.  Pendant des années, la jeune fille n’a parlé à personne de ses visions. A 16 ans, face à la recrudescence de ces voix, elle finit par l’avouer à son oncle qui la conduit auprès de Robert de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, dans la forteresse voisine de Domrémy. 
Cependant, en ces temps de guerres beaucoup d’« illuminés » frappés de douteuses visions divines font leur apparition et Jeanne, avec son récit extraordinaire est considéré comme folle et est renvoyée chez elle sans espérance d’être écoutée sérieusement. 

Jeanne d’Arc. François Chifflart (1825–1901) (image libre de droit)

Un an après, voyant les anglais déferler sur la Lorraine, elle demande à nouveau d’être amenée auprès du roi Charles VII. Baudricourt, d’abord sceptique, finit par accepter sa demande après que celui-ci ait ordonné à son curé de vérifier si la jeune fille n’était pas influencée par des forces démoniaques. 
Jeanne avec sa détermination sans borne et son espérance à faire entendre son message extraordinaire suscite la curiosité et l’appréhension dans le royaume. Ayant enfin la bénédiction du vassal du roi, elle le rencontre le 25 février 1429 à Chinon vêtue en homme afin de gagner le respect de ses troupes. 
Le pétendant au trône, n’espérant plus qu’un miracle pour récupérer la courrone, accepte d’écouter la requête de la jeune femme. Pendant l’audience, seuls à seuls, Jeanne annonce au roi que Dieu lui a pardonné le meurtre du Duc de Bourgogne sur le pont de Montereau et lui assure sa filiation légitime à la couronne. 
Le dauphin convaincu de la Foi de la jeune femme accepte de lui confier une armée et la charge de délivrer Orléans aux mains des anglais. 

Le 8 mai 1429, après un long siège autour de la ville Jeanne et son armée finissent par délivrer Orléans, point stratégique des forces anglaises. Cette victoire triomphante sera le premier succès militaire de la jeune femme qu’on surnommera plus tard « la pucelle d’Orléans ».
Ainsi, le 17 juillet 1429, Charles VII est couronné, en la cathédrale de Reims, Roi légitime de France grâce à Jeanne d’Arc, au grand dam des anglais. 

épisode du cycle en quatre panneaux consacré à « La Vie de Jeanne d’Arc ». Jeanne d’Arc sur le bûcher (image libre de droit)

En récompense de ses loyaux services à la couronne, la pucelle est anoblie en décembre 1429 (son nom « Darc » deviendra officiellement « d’Arc »). Mais ce n’est qu’un triomphe de courte durée : après d’autres succès militaires, Jeanne est vendue par les Bourguignons aux anglais lors du Siège de Compiègne le 23 mai 1430 et est jugée par un tribunal ecclésiastique présidé par l’évêque Cauchon la faisant condamner au bûcher pour hérésie et sorcellerie. Après de long mois de procès et d’emprisonnement, elle est brûlée vive le 30 mai 1431 à Rouen. 

SOURCES :
http://www.histoire-france.net/moyen/jeanne-darc
https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/guerre_de_Cent_Ans/112327
https://www.lumni.fr/article/la-guerre-de-cent-ans-le-conflit-entre-le-royaume-de-france-et-le-royaume-d– -angleterre#containerType=folder&containerSlug=le-moyen-age-la-guerre-de-cent-ans
https://www.herodote.net/search/search_2.php?query=jeanne+d%27arc
https://www.herodote.net/search/search_2.php?query=charles+VII

POUR ALLER PLUS LOIN :
Au cœur de l’Histoire : Pourquoi Charles VII n’a pas empêché la mort de Jeanne d’Arc. – Jeanne d’Arc et la littérature

Claire Santucci