Paris, la ville de tous les possibles

Paris, La ville des Années Folles, est celle qui représente le mieux cette période post-première Guerre Mondiale. De nombreux artistes s’installent dans la capitale. On y découvre le jazz, le charleston, l’art déco mais on redécouvre aussi la littérature. Paris retrouve son statut de ville littéraire en attirant des écrivains de tous horizons. 

Paris, un cadre propice à l’écriture

Imaginez-vous déambuler dans les rues de Paris avec cette effervescence des années inconscientes. Installez-vous dans un de ces cafés où l’on croise poètes, romanciers et artistes. On en voit d’ailleurs une bonne partie sur la photo qui illustre cet article : de gauche à droite, dernière rangée: Louis Aragon, Theodore Fraenkel, Paul Eluard, Emmanuel Faye. Au deuxième rang Paul Dermée, Philippe Soupault, Georges Ribemont-Dessaignes. Enfin, au premier rang : Tristan Tzara, Céline Arnauld, Francis Picabia et André Breton. Aragon fut l’un d’eux. Au travers de ses écrits, il relate cette ambiance parisienne avec son recueil de poèmes Feu de joie publié en 1920. Recueil tourné vers une jeunesse en colère mais enthousiaste face aux modernités jaillissantes.

Un des hauts lieux des Années Folles pour rencontrer des artistes se situe dans le quartier de Montmartre : c’est le bar Gaya. Dans celui-ci on y croise entre autres le poète Jean Cocteau. Durant ces années il rejoint des cercles littéraires. 

C’est au cours de cette période que le surréalisme voit le jour. Ce mouvement fut incarné par de nombreux artistes comme Louis Aragon, Robert Desnos, René Crevel et André Breton. Dans Manifeste du surréalisme publié en 1924, ce dernier définit le surréalisme comme “l’exploration de l’inconscient, que ce soit dans l’écriture ou les arts. Par ce recours à la thématique omniprésente du rêve, il actualise les principes du symbolisme”. Le but est de reconnecter l’homme à son intériorité. En littérature et plus particulièrement en poésie, le surréalisme se traduit par une pensée se situant hors de contrôle de la raison. Trois idées cadrent néanmoins les poètes : “liberté, amour, poésie”. Les principaux auteurs adeptes de ce mouvement sont Louis Aragon avec Libertinage, Robert Desnos et La liberté ou l’amour ou encore André Breton avec l’amour fou écrit entre 1934 et 1936.

Maximilien Luce, « Paysage parisien. Bords de Seine ». Huile sur toile. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais.

Les artistes se baladent de bars en cafés et de cafés en bars. Ils déambulent dans Paris, traversent la ville toute la journée. La chanson, la ballade des Rues de Paris de Joséphine Baker parle parfaitement de ces lieux emblématiques, de ces artistes, de cette Génération Perdue. De cette mixité d’artistes étrangers, une expression apparaît : c’est l’« École de Paris ». Cette expression est popularisée par André Warnod en 1925, grâce à la revue culturelle Comoedia. Dans cette école, nous retrouvons Pablo Picasso, Amedeo Modigliani, Ossip Zadkin. Picasso est l’exemple parfait de ce mélange des genres, on peut en voir l’influence dans son travail, notamment dans les décors de l’adaptation d’Antigone par Jean Cocteau en 1922.

La capital est donc un haut lieu de création artistique. En 1925, se tient L’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes dont on retiendra surtout l’avènement de “l’art déco”. Enfin, Paris est le reflet des mœurs plus libérés de l’époque. 

Les écrivains de la génération perdue

La Génération Perdue fait référence à cette génération fracassée par la guerre de 1914-1918, qui change complètement de vie en arrivant à Paris. Elle est principalement constituée d’écrivains américains. C’est Gertrude Stein qui leur donna ce nom en déclarant à Hemingway : « Vous êtes tous une génération perdue”. Les principaux écrivains de cette période sont : Hemingway, Cummings, Fitzgerald et Dos Passos. 

Gertrude Stein

Aux États-Unis, les auteurs ne peuvent pas s’exprimer. Là-bas, ils sont en pleine période de prohibition. Paris leur offre la liberté de vivre et de faire entendre leurs idées. Il y a une liberté morale et sexuelle dans cette ville que l’on ne retrouve alors nulle part ailleurs. On estime à environ 40 000 le nombre d’Américains dans la capitale au milieu des années 20. Pour ces jeunes écrivains c’est un moment de transformation. Ils ont vécu la guerre et découvrent en France la liberté et l’insouciance de leurs années perdues. Un des livres les plus célèbres, qui résume le mieux cette période est Paris est une fête d’Hemingway. L’auteur y parle de ses années vécues à Paris pendant les Années Folles. 

Ernest Hemingway

Si les écrivains viennent à Paris après ces années de guerres, c’est pour y trouver du beau, de la légèreté, que la capitale est connue pour offrir ! Ils veulent montrer le beau dans le surréalisme. Ils ont vécu l’irréel. L’horreur dans les tranchées. Leurs œuvres des années 20, rompent avec cette période en basculant dans le surréalisme. Paris est vue comme la ville influente de l’époque, la ville où l’on voit tout, où l’on rencontre tout le monde et où l’on découvre des choses qu’on ne peut découvrir nulle part ailleurs.   

Cette Génération Perdue a la volonté de prendre ses distances avec les Etats-Unis tout en s’affirmant comme la nouvelle génération d’écrivains américains mais à la fin des années 20, une grande partie d’entre eux retourne aux Etats-Unis. 

Faustine Claret 

Bibliographie :
– « 1918, après la guerre les années folles », épisode 3/4 : Des écrivains à Paris : une génération perdue ? 
Le surréalisme en 3 minutes – BeauxArts
Le surréalisme
La Génération Perdue
– Interlignes n°23, La créativité inconsciente des « Années folles » 1920-1929